Un départ à l'étranger est rarement une décision spontanée. Trois à cinq ans de délai d'anticipation sont la règle. L'analyse fiscale, elle, ne commence souvent que lorsque le contrat de bail à Zurich ou à Lisbonne est déjà signé. C'est précisément là que cela devient coûteux.
La Wegzugsbesteuerung (imposition allemande de sortie au sens du § 6 AStG) signifie : quiconque quitte l'Allemagne en détenant au moins 1 % dans une société de capitaux doit imposer le gain de cession fictif, sans qu'un centime ne soit réellement encaissé. Depuis 2022, le sursis illimité et sans intérêts a disparu ; avec une préparation soignée, la charge reste néanmoins prévisible.
Qu'est-ce que la Wegzugsbesteuerung selon le § 6 AStG ?
La Wegzugsbesteuerung selon le § 6 Aussensteuergesetz (loi allemande sur la fiscalité internationale) fictionne, lors du départ d'une personne intégralement assujettie à l'impôt en Allemagne et qui détient au moins 1 % d'une société de capitaux allemande ou étrangère, une cession des parts à la valeur vénale. Le gain ainsi déterminé relève du § 17 EStG (loi allemande sur l'impôt sur le revenu), bien qu'aucune vente n'ait réellement eu lieu.
Le fait générateur est déclenché par la fin de l'assujettissement intégral en Allemagne. En pratique, cela survient lorsque le contribuable abandonne son domicile (Wohnsitz, § 8 AO) et sa résidence habituelle (gewoehnlicher Aufenthalt, § 9 AO) en Allemagne. Le transfert à titre gratuit des parts à une personne résidant à l'étranger déclenche également l'impôt (§ 6 al. 1 phrase 1 n° 2 AStG).
Le seuil de participation de 1 % s'apprécie à un moment quelconque au cours des cinq années précédant le départ. Quiconque détenait donc 1,5 % dans une GmbH familiale et a réduit sa participation à 0,8 % il y a deux ans tombe malgré tout sous le fait générateur.
Pourquoi la réforme 2022 a tout changé
La loi de transposition ATAD du 25 juin 2021 a profondément restructuré la Wegzugsbesteuerung avec effet au 1er janvier 2022. Jusqu'à cette date, la règle était : quiconque s'installait dans un État UE ou EEE bénéficiait, sur demande, d'un sursis sans intérêts et illimité, tant qu'il y restait assujetti. Ce régime spécial a disparu sans remplacement.
Aujourd'hui s'applique à tous les départs, qu'ils soient vers un État UE, vers la Suisse ou vers les États-Unis, une règle unique : l'impôt est établi immédiatement. Sur demande, il peut être payé en sept annuités égales (§ 6 al. 4 AStG). La condition est une sûretés-garantie, par exemple une caution bancaire ou un nantissement des parts.
La raison de la réforme réside dans la directive ATAD de l'UE (Anti Tax Avoidance Directive, directive 2016/1164/UE). L'Allemagne l'avait transposée avec retard et en avait profité pour supprimer les privilèges historiques pour les départs UE/EEE. Le ministère fédéral des Finances a argumenté avec l'égalité de traitement en droit européen ; la conséquence fiscale est néanmoins palpable.
Dans ma pratique, je vois régulièrement des clients planifier leur départ sur la base de l'ancien droit, et n'apprendre qu'en consultation que leur sursis suisse en 2026 ne ressemblera pas à celui de leur associé de 2019.
Combien coûte l'impôt en pratique ?
La Wegzugsbesteuerung emprunte la mécanique du § 17 EStG : le gain de cession est la différence entre la valeur vénale des parts au moment du départ et le coût d'acquisition initial. 60 % de ce gain sont soumis à l'impôt sur le revenu individuel selon le procédé des revenus partiels (Teileinkuenfteverfahren, § 3 n° 40 EStG). Au taux marginal de 45 % majoré du Solidaritaetszuschlag (contribution de solidarité allemande), la charge effective avoisine 28,5 % du gain brut.
Exemple chiffré : une gérante détient 100 % d'une GmbH d'une valeur vénale de 5 millions EUR (coût d'acquisition 25 000 EUR de capital social). Lors de son départ vers Zurich naît un gain de cession fictif de 4,975 millions EUR. 60 % de ce montant, soit 2,985 millions EUR, sont imposés. Au taux marginal de 45 % et avec le Solidaritaetszuschlag, l'impôt de sortie s'élève à environ 1,42 million EUR, exigible immédiatement, sans qu'une seule part de GmbH n'ait été vendue.
L'évaluation des parts de GmbH s'effectue selon la méthode simplifiée de la valeur de rendement (vereinfachtes Ertragswertverfahren, §§ 199 ss BewG) ou selon une méthode usuelle dans la branche. Le débat sur la méthode d'évaluation est en pratique le principal levier ; une évaluation professionnelle peut réduire significativement le gain fictif, et donc l'impôt.

Sursis selon le nouveau droit : paiement échelonné sur sept ans
Depuis 2022, le sursis est réglé de manière uniforme au § 6 al. 4 AStG pour tous les départs : sur demande, l'impôt établi est payé en sept annuités égales. La première échéance est due lors de l'établissement, les six autres à un an d'intervalle. Les annuités sont en principe sans intérêts, tant que le partant remplit ses obligations de coopération.
Le sursis est cependant assorti de conditions à prendre au sérieux :
- Sûretés-garantie : l'administration fiscale exige en règle générale une caution bancaire, un nantissement des parts ou une hypothèque sur un bien immobilier en Allemagne. Pour des participations de grande valeur, cela peut représenter un besoin de liquidité à sept chiffres.
- Obligations de coopération : confirmation annuelle que les parts sont toujours détenues et qu'aucune distribution de dividendes considéré comme équivalent à une réalisation n'a eu lieu (§ 6 al. 4 phrase 5 AStG).
- Exigibilité immédiate en cas de manquement : cession des parts, ouverture d'une procédure d'insolvabilité, distributions importantes ou transfert à titre gratuit entraînent la cessation du sursis. Le solde devient exigible en bloc.
La sûretés-garantie est souvent en pratique l'obstacle opérationnel le plus important. Les banques accordent rarement des cautions à six chiffres sans sûretés solides. Les partants doivent alors nantir des portefeuilles de titres privés ou des biens immobiliers. Quiconque ne peut ou ne veut pas le faire paie l'impôt en une fois.
Règle du retour : quand le départ n'est pas définitif
La règle du retour au § 6 al. 3 AStG est l'une des dispositions les plus importantes en pratique du droit fiscal international allemand. Si le partant redevient intégralement assujetti en Allemagne dans un délai de sept ans et que les parts n'ont pas été cédées entre-temps, la Wegzugsbesteuerung disparaît rétroactivement. Les annuités déjà versées sont remboursées.
Le délai peut être prolongé sur demande de cinq années supplémentaires, lorsque le départ a été dès le départ conçu comme temporaire (§ 6 al. 3 phrase 3 AStG). Au total, jusqu'à douze années de séjour à l'étranger avec option de retour sont ainsi possibles. La condition est cependant la démonstration crédible de l'intention de retour : l'administration fiscale vérifie ce point avec une certaine rigueur.
La règle du retour est l'argument le plus fort en faveur d'une structuration soignée du départ. Quiconque est par exemple détaché en Suisse comme dirigeant pendant trois à cinq ans et planifie avec une intention concrète de retour peut pratiquement neutraliser l'impôt, à condition que les éléments soient documentés proprement.
Le FG Berlin-Brandenburg a précisé dans son arrêt du 27.04.2022 (Az. 3 K 3072/20) : pour le fait générateur du § 6 al. 1 phrase 1 AStG, seule compte la fin de l'assujettissement intégral, non la motivation du départ. La norme a été jugée conforme à la Constitution ; la révision devant la Cour fédérale des finances (Bundesfinanzhof, BFH) a été admise.
Pays cibles en comparaison : Suisse, Espagne, Portugal, États-Unis
La Wegzugsbesteuerung est un concept allemand ; ce qui se passe dans le pays cible constitue un second niveau. Quatre destinations dominent dans la pratique francfortoise : Suisse, Espagne, Portugal et États-Unis. Chaque pays a ses propres pièges qui complètent ou amplifient l'impôt allemand.
Aperçu des quatre principaux pays cibles
| Pays cible | Particularité conventionnelle | Wegzugsteuer DE | Impôt de sortie propre | Impôt sur la fortune |
|---|---|---|---|---|
| Suisse | Imposition prolongée 5 ans (art. 4 al. 4) | Oui, § 6 AStG | Non | Cantonal, 0,1 à 1 % |
| Espagne | Libre circulation UE, entraide UE | Oui, § 6 AStG | Au-delà de 4 M EUR ou 25 % | Régional, 0 à 3,5 % |
| Portugal | Libre circulation UE, RNH 2.0 depuis 2024 | Oui, § 6 AStG | Non | Non |
| États-Unis | Estate Tax Treaty, FATCA | Oui, § 6 AStG | Uniquement en cas d'abandon du statut (IRC § 877A) | Variable par État |
Suisse : avantage conventionnel, mais § 6 AStG quand même
La Suisse est la destination classique pour les dirigeants de la place bancaire francfortoise. La convention fiscale Allemagne-Suisse contient en son art. 4 al. 4 la dite imposition prolongée : l'Allemagne conserve pendant cinq ans après le départ le droit d'imposer certains revenus, lorsque le partant était de nationalité allemande.
Sur la Wegzugsbesteuerung elle-même, la convention n'a aucune influence : le § 6 AStG s'applique indépendamment. La Suisse reconnaît toutefois pour son propre impôt sur la fortune l'impôt de sortie allemand comme step-up : les coûts d'acquisition pour l'impôt suisse sur la fortune correspondent à la valeur vénale retenue en Allemagne. Ainsi, il n'y a pas de double imposition des réserves latentes, mais une séparation propre.
Point important spécifique à la Suisse : par son arrêt du 06.09.2023 (I R 35/20, décision faisant suite à l'arrêt CJUE C-581/17 Wächtler), le BFH a exigé au titre du droit européen un sursis illimité et sans intérêts de l'impôt de sortie jusqu'à la cession effective des parts pour les départs vers la Suisse. La circulaire BMF du 02.06.2025 le met en œuvre pour les dossiers anciens antérieurs au 01.01.2022 ; pour les nouveaux dossiers, le droit est exercable par voie contentieuse. Ainsi, le paiement échelonné sur sept ans selon le § 6 al. 4 AStG peut, pour les départs vers la Suisse relevant de la ligne CJUE/BFH, être remplacé par un sursis illimité et sans intérêts.
En pratique problématiques sont les règles de tie-breaker selon l'art. 4 al. 2 de la convention germano-suisse : quiconque conserve un logement en Allemagne risque de continuer à être considéré comme résident, et donc de ne pas remplir le fait générateur du départ. C'est attractif au premier abord, mais peut conduire à un double assujettissement intégral.
La Suisse offre par ailleurs la possibilité de l'imposition forfaitaire (Aufwandbesteuerung) pour les nouveaux résidents fortunés sans activité professionnelle en Suisse. Elle est gérée cantonalement ; Zurich l'a supprimée en 2010, le Valais et Genève la maintiennent populaire. Pour les dirigeants exerçant une activité opérationnelle continue en Allemagne, l'imposition forfaitaire n'est cependant pas accessible.
Espagne : classique de la retraite avec risque de réforme
L'Espagne était traditionnellement le pays de retraite pour les entrepreneurs allemands, notamment en raison du régime Beckham pour les cadres expatriés. La Wegzugsbesteuerung s'applique sans changement selon le § 6 AStG. L'Espagne elle-même connaît son propre impôt de sortie (Impuesto de Salida) pour les participations à partir de 4 millions EUR ou de 25 %.
Concernant le sursis sur sept ans, l'Espagne est actuellement peu compliquée : la sûretés-garantie peut aussi être fournie sur un patrimoine espagnol, dans la mesure où une réalisation transfrontalière est possible. L'appartenance à l'UE facilite considérablement la coopération administrative.
Important : quiconque est considéré comme résident fiscal en Espagne (plus de 183 jours par an) est soumis à l'impôt espagnol sur la fortune (Impuesto sobre el Patrimonio) sur le patrimoine mondial, selon la région. À Madrid pratiquement à zéro, en Catalogne jusqu'à 3,5 %. La Wegzugsbesteuerung allemande rencontre donc un impôt espagnol sur la fortune, combinaison qui doit être calculée en amont.
Portugal : NHR supprimé, RNH nouveau, prudence pour les dossiers en cours
Le Portugal était jusqu'en 2024 le paradis fiscal en Europe : le statut Non-Habitual-Resident (NHR) offrait dix années d'exonération sur les revenus étrangers. Avec effet au 1er janvier 2024, le statut NHR a été supprimé pour les nouveaux arrivants et remplacé par le programme IFICI ou RNH 2.0, sensiblement plus restrictif, essentiellement réservé aux professions de recherche et d'innovation.
Les dirigeants au sens classique ne tombent plus sous le régime. Ceux qui ont demandé le statut NHR avant 2024 (ou jusqu'au 31.03.2024 sous régime transitoire) en bénéficient cependant pour les dix années complètes. Cela crée une structure de clientèle à deux vitesses : les dossiers en cours profitent, les nouveaux arrivants non.
Là encore : le § 6 AStG demeure intact. La Wegzugsbesteuerung est due en Allemagne, indépendamment de ce que fait le Portugal. L'avantage du Portugal réside aujourd'hui presque uniquement dans le style de vie et dans la faible imposition des successions (de fait inexistante pour les parents directs).
États-Unis : Estate Tax Treaty et FATCA
Les États-Unis sont la destination de départ la plus complexe. Trois niveaux interagissent :
- Le § 6 AStG en Allemagne est déclenché comme toujours.
- L'US Exit Tax (IRC § 877A) s'applique aux US Persons qui abandonnent leur statut. Pour les nouveaux arrivants ce n'est pas un sujet, mais quiconque renonce ultérieurement à la Green Card tombe dans le prochain impôt de sortie.
- Estate Tax et Gift Tax : la convention Allemagne-États-Unis sur les droits de succession et de donation ne laisse aux non-ressortissants qu'un abattement de 60 000 USD sur le patrimoine US. Quiconque s'installe aux États-Unis et y décès peut s'attendre à une Estate Tax substantielle (jusqu'à 40 %) sur le patrimoine US.
FATCA (Foreign Account Tax Compliance Act) complique en outre l'ouverture de comptes en Allemagne pour les US Persons. De nombreuses banques évitent le risque et résilient les comptes. Ce n'est pas un problème fiscal, mais opérationnel de premier ordre.
Cas pratique : départ d'une GmbH familiale vers Zurich
Un cas anonymisé issu de notre pratique illustre la valeur d'une bonne préparation. Un dirigeant de 52 ans d'une GmbH familiale de taille moyenne (valeur vénale 12 millions EUR, coût d'acquisition 50 000 EUR) planifiait en 2023 son départ vers Zurich. Son premier conseil fiscal avait calculé l'impôt de sortie à environ 3,4 millions EUR, exigible immédiatement ou en sept annuités de 485 000 EUR chacune.
Dans le cadre de la seconde opinion, nous avons identifié trois leviers. Premièrement, un rapport d'évaluation professionnel selon IDW S 1 avec des taux de capitalisation usuels dans la branche, qui a ramené la valeur vénale à 8,5 millions EUR (au lieu de l'estimation initiale par multiple à 12 millions). Deuxièmement, une donation (Schenkung) de 30 % des parts à la fille restant à Francfort, en utilisant le Freibetrag (abattement personnel sur les droits de succession allemands, 400 000 EUR par enfant et par parent, § 16 al. 1 n° 2 ErbStG) et l'avantage fiscal selon § 13a ErbStG pour le patrimoine d'entreprise. Troisièmement, l'apport des parts restantes dans une holding constituée avant le départ, en respectant le délai de blocage de sept ans selon § 22 UmwStG.
Le résultat : la Wegzugsbesteuerung finale à son niveau a été réduite à environ 1,2 million EUR. En sept annuités de 170 000 EUR, c'est un montant servable avec un salaire suisse et des dividendes de la holding allemande, sans cession de substance. La fenêtre de préparation était de 22 mois. Si le conseil avait commencé seulement trois mois avant le départ, ni l'évaluation, ni la donation, ni l'apport en holding n'auraient été réalisables.
La phrase décisive de ce mandat : la Wegzugsbesteuerung n'est pas une fatalité, mais un objet de négociation. À condition que la négociation commence avant que le camion de déménagement ne soit devant la porte.
Imposition latente sur les holdings : le piège invisible
La Wegzugsbesteuerung frappe les parts directes de GmbH tout autant que les participations dans des holdings qui détiennent elles-mêmes des filiales. Lorsque la holding détient des filiales allemandes ou du patrimoine d'exploitation allemand, le § 50i EStG entre en jeu en complément : la Wegzugsbesteuerung peut être miroitée au niveau de la holding, lorsque les réserves latentes dans la filiale ne seraient plus imposables à l'étranger.
Comme nous le montrons dans l'article sur la structure holding et ses avantages fiscaux, la Holding (holding allemande optimisée fiscalement, typiquement avec privilège de filiale du § 8b KStG) est l'un des instruments de structuration les plus puissants. Lors du départ, elle devient cependant un piège fiscal potentiel si l'on ne s'y prépare pas à temps. La question critique : la holding elle-même a-t-elle des réserves latentes qui ne seraient plus imposables après le départ ? Si oui, un fait générateur additionnel de dégagement (Entstrickung) selon § 4 al. 1 phrase 3 EStG menace pour les biens économiques, et § 12 KStG pour les sociétés de capitaux.
Particulièrement délicates sont les holdings de sociétés de personnes (par ex. GmbH & Co. KG) : chez elles, la Wegzugsbesteuerung peut entrer en collision avec le dégagement de Sonderbetriebsvermoegen (patrimoine d'exploitation spécial allemand). Des biens immobiliers conservés comme Sonderbetriebsvermoegen II dans la holding sont contraints au dégagement lors du départ. L'impôt sur les réserves latentes peut alors s'ajouter à l'impôt du § 6 AStG.
Participations atypiques en société occulte et structures de trust
Les participations atypiques en société occulte dans des sociétés de personnes allemandes sont également soumises à un dégagement selon § 4 al. 1 phrase 3 EStG lors du départ. Quiconque planifie des structures internationales complexes de trust doit en outre observer le § 15 AStG : les fondations et trusts dans des pays à faible imposition sont attribués au fondateur, ce qui peut neutraliser l'effet du départ, mais sous des conditions très strictes.
Les trusts américains sont particulièrement dangereux : du point de vue allemand, ils sont généralement traités comme transparents fiscalement, du point de vue américain comme une entité autonome. Cette asymétrie conduit régulièrement à des doubles impositions inattendues, difficilement évitables sans clarification structurelle préalable.
Six conseils pratiques pour la structuration avant le départ
Quiconque planifie proprement ne peut éviter la Wegzugsbesteuerung, mais il peut la désamorcer considérablement. Six leviers qui font régulièrement la différence dans la pratique francfortoise :
-
Vérifier l'évaluation tôt. La valeur vénale des parts est le levier central. Une évaluation d'entreprise professionnelle selon IDW S 1 ou selon la méthode simplifiée de la valeur de rendement (§§ 199 ss BewG) peut réduire le gain fictif de 20 à 40 %. L'économie d'impôt est souvent à six chiffres.
-
Constituer une holding à temps. Quiconque apporte la GmbH opérationnelle dans une holding crée de la flexibilité. Le délai de blocage de sept ans selon § 22 al. 2 UmwStG doit être respecté, mais avec une planification anticipée, les parts peuvent être cédées ultérieurement de manière échelonnée en utilisant le procédé des revenus partiels. Comme nous le montrons dans l'article sur la planification successorale à commencer tôt, les structurations les plus efficaces commencent cinq à dix ans avant le départ.
-
Examiner une donation aux enfants avant le départ. Une donation (Schenkung) de parts de GmbH à des enfants restant en Allemagne avant le départ peut contourner la Wegzugsbesteuerung : les parts ne sont alors plus dans le patrimoine du partant. La Schenkungsteuer (impôt allemand sur les donations, régulé par l'ErbStG ; § 16 ErbStG : 400 000 EUR d'abattement par enfant tous les dix ans) est généralement nettement plus favorable que l'impôt de sortie. Condition : pas de clauses de retour qui pourraient être qualifiées d'abus de droit.
-
Famille-fondation comme alternative. Quiconque veut conserver le patrimoine durablement dans la famille tout en restant internationalement flexible peut constituer une Familienstiftung (fondation familiale allemande de droit privé) et y apporter les parts de GmbH. La fondation n'est pas "départ-able" ; les bénéficiaires peuvent en revanche vivre à l'étranger. Détails dans l'article sur la constitution d'une fondation familiale.
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Clarifier la sûretés-garantie tôt. Quiconque souhaite utiliser le paiement échelonné sur sept ans a besoin d'une garantie bancaire. Les négociations avec la banque principale doivent commencer au moins six mois avant le départ. Quiconque l'oublie paie l'impôt en une fois.
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Documenter l'option de retour. Si le départ n'est pas définitif, l'intention de retour doit être documentée dès le début : contrats à durée déterminée à l'étranger, fonctions de direction subsistantes en Allemagne, membres de la famille en Allemagne. Cela renforce la demande de prolongation du délai de retour selon § 6 al. 3 phrase 3 AStG.
Ce qui ne fonctionne pas : trois idées fausses répandues
Dans les entretiens de conseil, je rencontre régulièrement trois conceptions qui ne fonctionnent pas. Premièrement : "Je garde simplement un logement en Allemagne, alors il n'y a pas de départ." Cela ne fonctionne que si le centre des intérêts vitaux reste effectivement en Allemagne, sinon le principe du tie-breaker conventionnel s'applique, et l'administration fiscale vérifie très précisément. Un logement seul n'est pas une protection, mais un facteur de risque supplémentaire.
Deuxièmement : "Je transfère les parts à une holding suisse, ainsi je suis tiré d'affaire." Faux : le transfert à une société étrangère est lui-même un fait générateur de départ (§ 6 al. 1 phrase 1 n° 2 AStG, transfert à titre gratuit) et peut déclencher en plus l'impôt sur les donations.
Troisièmement : "Je vends avant le départ à mon frère à la valeur vénale." Cela non plus ne contourne pas la Wegzugsbesteuerung : la vente déclenche au contraire directement le § 17 EStG, sans possibilité de sursis. L'impôt est exigible immédiatement et intégralement.
Coopération franco-allemande : un sujet à anticiper
Le sujet de la Wegzugsbesteuerung concerne directement les personnes qui déménagent d'Allemagne vers la France avec des participations substantielles. La convention fiscale bilatérale franco-allemande du 21 juillet 1959 (modifiée plusieurs fois, en dernier lieu par avenants) répartit les droits d'imposition, mais ne neutralise pas le § 6 AStG. La France connaît par ailleurs son propre régime d'exit tax (art. 167 bis CGI) qui peut, en sens inverse, s'appliquer au retour vers l'Allemagne.
Pour les situations franco-allemandes complexes (succession transfrontalière combinée avec un départ d'Allemagne, structuration familiale impliquant des biens immobiliers en France, donation à un enfant résident en France avant le départ), je travaille avec maître Jérôme Poltorak, notaire à Toulouse. La combinaison d'un Steuerberater allemand et d'un notaire français permet de coordonner les actes notariés en France, le traitement fiscal côté allemand et les implications conventionnelles dans un seul dossier.
Avant un déménagement vers la France avec participations substantielles, une consultation conjointe entre un conseil fiscal allemand et un notaire ou avocat fiscaliste français est recommandée, idéalement douze à vingt-quatre mois avant le départ envisagé.
Ce que vous devez faire maintenant
Si vous êtes associé d'une société de capitaux et que vous envisagez un départ, vous devez prévoir trois à cinq ans d'anticipation. Une analyse de la Wegzugsbesteuerung est la première étape : elle montre ce que vous devriez payer le jour où vous quittez le pays. Ce montant est souvent le premier test de réalité.
Dans une deuxième étape, il s'agit de la structuration : évaluation, holding, donation, fondation. Quels instruments ont du sens dans votre situation dépend du niveau de participation, de la constellation familiale, du pays cible et de l'horizon temporel. Il n'y a pas de recette universelle. C'est précisément pour cela qu'une seconde opinion indépendante vaut la peine avant toute décision de structuration importante.
La troisième étape est la mise en œuvre opérationnelle : rapport d'évaluation, modifications statutaires, entretiens bancaires sur la sûretés-garantie, demande de sursis auprès de l'administration fiscale. Cette phase dure en règle générale trois à six mois et doit être achevée bien avant la date de départ prévue.
Questions fréquentes sur la Wegzugsbesteuerung
Quand exactement la Wegzugsbesteuerung est-elle déclenchée ?
Elle est déclenchée par la fin de l'assujettissement intégral en Allemagne au sens du § 1 al. 1 EStG. Déterminants sont l'abandon du domicile (§ 8 AO) et de la résidence habituelle (§ 9 AO). La date de référence est le jour où les deux points de rattachement disparaissent.
La Wegzugsbesteuerung s'applique-t-elle aussi en cas de départ au sein de l'UE ?
Oui. Depuis la loi de transposition ATAD 2022, il n'y a plus de statut spécial pour les départs UE/EEE. La Wegzugsbesteuerung devient toujours immédiatement exigible, mais peut être payée sur demande en sept annuités (§ 6 al. 4 AStG). Le sursis illimité et sans intérêts de l'ancien droit a disparu.
Que se passe-t-il en cas de retour en Allemagne ?
En cas de retour dans les sept ans, la Wegzugsbesteuerung disparaît rétroactivement si les parts n'ont pas été cédées entre-temps (§ 6 al. 3 AStG). Les annuités déjà versées sont remboursées. Le délai peut être prolongé sur demande de cinq ans si le départ n'était que temporaire.
Une structure holding aide-t-elle contre la Wegzugsbesteuerung ?
Une holding n'évite pas directement la Wegzugsbesteuerung, puisque le § 6 AStG s'applique également aux parts de holding. Elle crée cependant de la flexibilité : des cessions peuvent ultérieurement être imposées au niveau de la holding à 1,5 % effectifs (§ 8b KStG). Le délai de blocage de sept ans selon § 22 UmwStG lors de l'apport doit être respecté.
Combien coûte typiquement la Wegzugsbesteuerung dans une GmbH familiale ?
Pour une participation de 100 % dans une GmbH d'une valeur vénale de 3 millions EUR et un coût d'acquisition de 25 000 EUR, naît un gain de cession fictif de 2,975 millions EUR. 60 % de ce montant (1,785 million EUR) sont imposés selon le procédé des revenus partiels jusqu'à 45 %. La charge fiscale s'élève à environ 850 000 EUR.
Entretien personnel ?
La Wegzugsbesteuerung est l'un des sujets les plus complexes en droit fiscal international. Les solutions standards fonctionnent rarement : chaque départ a sa propre constellation de structure de participation, situation familiale, pays cible et horizon temporel. Si vous planifiez concrètement, un entretien initial structuré vaut la peine, dans lequel nous passons en revue votre situation de départ et identifions les leviers critiques.
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Sources externes et textes législatifs
- § 6 AStG sur dejure.org - Texte légal complet de la Wegzugsbesteuerung
- § 17 EStG sur dejure.org - Cession de parts de sociétés de capitaux
- Directive ATAD 2016/1164/UE - Base juridique européenne de la réforme 2022
- FG Berlin-Brandenburg, arrêt du 27.04.2022 - 3 K 3072/20 - Constitutionnalité de la Wegzugsbesteuerung selon le nouveau droit
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Cet article sert à l'information générale et ne remplace pas un conseil fiscal individuel. Les implications fiscales dépendent de la structure concrète de participation, du pays cible et de la situation familiale individuelle. En matière de Wegzugsbesteuerung, il n'existe pas de solution standard. État du droit : mai 2026.
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